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Points clés à retenir
- Ratio classique : 120 ml soja, 80 ml mirin, 80 ml saké, 15-50 g sucre
- Réduction 8-15 min casserole ou 12 min Thermomix à 100°C
- Le mirin est la différence clé entre yakitori et teriyaki
- Sans alcool : vinaigre de riz + jus de pomme, sucre ajusté
- Se conserve 3-14 jours au frigo, jusqu’à 2 mois au congélateur
Qu’est-ce que la sauce yakitori (tare)
La sauce yakitori, appelée tare au Japon, est la préparation qui donne aux brochettes grillées leur brillance et leur goût sucré-salé si caractéristique. Chez nous, en Gascogne, on ne fait pas les choses à moitié, et cette sauce mérite le même soin qu’une bonne réduction de vin pour un magret : elle se travaille, elle se surveille, elle se goûte.
Le tare naît dans les échoppes de brochettes du Japon, où l’on plonge traditionnellement les yakitori directement dans un bol de sauce avant de les passer sur les braises. Cette immersion répétée caramélise peu à peu la surface de la viande et crée une croûte laquée unique.
Tare sucrée-salée contre shio au sel
Il existe deux grandes familles d’assaisonnement pour les yakitori. Le tare repose sur un mélange de sauce soja, de mirin et de sucre, quand le shio se contente d’un simple salage à la fleur de sel avant cuisson. Le premier apporte de la profondeur et une couleur ambrée, le second laisse le goût de la viande s’exprimer seul.
Dans ma pratique, je réserve le shio aux morceaux nobles et déjà savoureux, comme le foie ou le blanc de volaille fermier. Le tare, lui, sublime tout ce qui a besoin d’un coup de pouce gustatif : cuisses, ailerons, légumes.
La composition de base
Un tare classique associe sauce soja, mirin, saké et sucre. Ces quatre éléments, réduits ensemble à feu doux, se transforment en un sirop épais et brillant qui adhère parfaitement à la viande grillée.

Ingrédients pour une sauce yakitori maison
La sauce yakitori repose sur quatre ingrédients essentiels, et c’est justement leur simplicité qui exige de la précision dans les proportions. J’ai testé, j’ai gardé un ratio qui fonctionne à tous les coups : environ 120 ml de sauce soja, 80 ml de mirin, 80 ml de saké et 15 à 50 g de sucre, selon la douceur recherchée.
Une autre école, celle de Cookidoo, propose un ratio légèrement différent pour une version express en 5 minutes : 150 g de sauce soja, 80 g de mirin, 15 g de cassonade et 80 g de saké. La différence entre ces deux recettes tient surtout à la quantité de sucre, qui peut varier du simple au triple selon qu’on veuille une sauce plus sirupeuse ou plus sèche en bouche.
Le rôle de chaque ingrédient
La sauce soja apporte le sel et l’umami, cette profondeur savoureuse qui fait tenir toute la recette. Le mirin, ce vin de riz doux, donne la brillance et une légère acidité qui équilibre le sucré.
Le saké attendrit la texture en cuisson et diffuse des arômes plus subtils que le mirin seul. Le sucre, enfin, favorise la caramélisation et la réduction en sirop nappant — c’est le détail qui change tout entre une sauce fluide et une sauce qui colle aux brochettes.
Alternatives possibles
On peut remplacer le sucre blanc par du sucre roux ou du miel, qui apportent des notes plus rondes. Le vinaigre de riz, en petite quantité, peut aussi relever l’ensemble si la sauce paraît trop plate en fin de cuisson.
Recette étape par étape
Pour visualiser la préparation dans son ensemble, cette vidéo de Cuisine Japonaise Paris04 détaille la méthode traditionnelle du tare, aussi bien pour les yakitori que pour un teriyaki maison.
Le mélange à froid
On commence par verser la sauce soja, le mirin, le saké et le sucre dans une casserole à fond épais, à froid. Il faut bien mélanger avant d’allumer le feu, sinon le sucre a tendance à accrocher au fond dès les premières minutes de chauffe.
La cuisson et la réduction
La sauce yakitori se réduit ensuite à feu doux, à frémissement, pendant 8 à 15 minutes selon la puissance du feu et la largeur de la casserole. Je surveille toujours de près cette étape : une réduction trop rapide brûle le sucre et donne une amertume qu’aucun ajustement ne rattrape ensuite.
Au Thermomix, le réglage est plus cadré : 12 minutes à 100°C, vitesse 1, sans couvercle fermé pour laisser s’échapper la vapeur. C’est simple, mais ça demande d’y penser. Retirer le gobelet doseur pour éviter que la pression ne fasse déborder l’appareil.
Le test de la texture
La sauce est prête quand elle nappe la cuillère : on trempe une cuillère en bois dans le sirop, on la retire, et on trace un trait au doigt sur le dos. Si le trait reste net sans que la sauce ne coule pour le combler, la réduction est terminée.
Si la sauce coule encore facilement, prolongez la cuisson de 2 à 3 minutes. Elle continuera de légèrement épaissir en refroidissant, alors ne visez pas une texture trop épaisse à chaud.
Variante sans alcool
On me demande souvent, au petit-déjeuner de ma maison d’hôtes, comment adapter cette sauce pour les hôtes qui évitent l’alcool. La réponse tient en trois substitutions simples.
Les substituts au saké et au mirin
Le vinaigre de riz dilué avec un peu d’eau peut remplacer le mirin pour son acidité douce. Le jus de pomme ou un bouillon de légumes léger se substituent au saké, en apportant du volume liquide sans les arômes fermentés.
Ajuster le sucre et le temps de cuisson
Sans mirin, la sauce perd une part de sa douceur naturelle : il faut donc augmenter légèrement la quantité de sucre pour retrouver l’équilibre d’origine. Le temps de cuisson reste globalement identique, autour de 10 minutes, mais je conseille de surveiller la texture un peu plus tôt, car ces substituts réduisent parfois plus vite que le saké.
Version au Thermomix ou à la casserole
Les deux méthodes donnent un résultat comparable, mais chacune a ses exigences propres.
Réglages Thermomix
Le programme classique combine tous les ingrédients dans le bol, puis lance une cuisson de 12 minutes à 100°C en vitesse 1, gobelet retiré. Cette méthode limite les projections et libère les mains pendant la réduction, ce qui est appréciable un soir de service chargé.
Méthode traditionnelle à la casserole
À la casserole, je préfère une cuisson à feu doux et à découvert, en remuant régulièrement avec une cuillère en bois. C’est la bonne adresse que je recommande à tous mes hôtes qui n’ont pas de robot cuiseur : le résultat est identique, il demande juste un peu plus d’attention.
Éviter les projections et débordements
Le sirop bouillonne fort en fin de réduction et peut déborder d’une casserole trop petite. Je choisis toujours un récipient large, à fond épais, rempli au tiers seulement au départ.
Comment utiliser la sauce yakitori
Pour visualiser des brochettes finies avec cette sauce, cette recette de 750g montre le résultat sur du poulet grillé.
En marinade
Pour mariner la viande avant cuisson, il faut compter au moins 30 minutes, en recouvrant généreusement les morceaux de sauce. Plus le temps de marinade est long, plus les arômes pénètrent en profondeur, sans toutefois dépasser quelques heures au risque de trop saler la chair.
En badigeon pendant la grillade
C’est l’usage le plus classique : on badigeonne les brochettes de tare à plusieurs reprises pendant la cuisson sur les braises, en laissant chaque couche caraméliser légèrement avant d’en appliquer une nouvelle. Pour un repas à partager, je compte généralement 1 à 2 cuillères à soupe de sauce en accompagnement pour 2 à 4 personnes.
Autres usages
Cette sauce ne se limite pas au poulet. Elle fonctionne aussi très bien sur des légumes grillés, du tofu ferme, du porc effiloché ou même du poisson gras comme le maquereau.
Conservation et durée de vie
La sauce yakitori se garde 3 à 5 jours au réfrigérateur dans un bocal hermétique pour la version sans alcool. La version classique, préparée avec saké et mirin, tient un peu plus longtemps grâce à l’effet conservateur de l’alcool : jusqu’à deux semaines dans un bocal bien stérilisé.
La congélation en portions
La sauce se congèle très bien, jusqu’à deux mois, idéalement en petits pots ou en bacs à glaçons pour ne décongeler que la quantité nécessaire. C’est une habitude que j’ai prise pour mes brochettes du dimanche : un cube suffit pour badigeonner deux brochettes.
Signes de péremption
À température ambiante, la sauce ne se conserve pas plus de 24 heures, dans une pièce fraîche et bien couverte — à éviter en été. Une odeur aigre, une texture qui se sépare ou des taches de moisissure en surface sont les signes qu’il faut jeter le pot sans hésiter.
Sauce yakitori vs sauce teriyaki
Pour visualiser la version brochettes complètes, cette recette de 750g détaille aussi la préparation traditionnelle en cuisine japonaise.
La présence du mirin, différence clé
La différence principale entre yakitori et teriyaki tient à un seul ingrédient : le mirin. Le tare yakitori en contient systématiquement, ce qui lui donne sa brillance et sa légère acidité, tandis que certaines recettes de teriyaki s’en passent en misant uniquement sur soja et sucre.
Sucre et texture
Le teriyaki tend à être plus sucré et plus épais que le tare, avec une consistance proche du sirop dès la sortie de casserole. Le yakitori, lui, reste légèrement plus fluide, pensé pour badigeonner en plusieurs passages successifs sans noyer la viande.
Quand choisir l’un ou l’autre
Ce que j’ai retenu de mes années en hôtellerie, c’est qu’on choisit sa sauce selon la cuisson : le tare yakitori convient mieux aux petites pièces grillées sur braises, quand le teriyaki s’adapte davantage à une cuisson à la poêle ou au four, où l’épaisseur du sirop tient mieux sur une grande surface de viande.
Questions fréquentes
Peut-on faire une sauce yakitori sans alcool ?
Oui, en remplaçant le mirin par du vinaigre de riz dilué et le saké par du jus de pomme ou un bouillon léger, en ajustant légèrement le sucre pour compenser la perte de douceur.
Combien de temps se conserve la sauce yakitori maison ?
Entre 3 et 5 jours au réfrigérateur pour la version sans alcool, et jusqu’à deux semaines pour la version classique préparée avec saké et mirin, dans un bocal hermétique.
Peut-on congeler la sauce yakitori ?
Oui, jusqu’à deux mois, idéalement en petites portions dans des bacs à glaçons ou de petits pots pour ne décongeler que la quantité nécessaire à chaque grillade.



