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Points clés à retenir
- Les fleurs de sureau apaisent les allergies et font baisser la fièvre légère
- Les baies cuites apportent 32,5 mg de vitamine C pour 100 g
- Ne jamais consommer de baies crues, feuilles ou tiges de sureau
- L’effet anti-grippe reste étayé par des études à petite échelle
- Le sureau soutient le transit mais ne fait pas maigrir directement
Qu’est-ce que le sureau et pourquoi est-il utilisé en phytothérapie
Le sureau (Sambucus nigra) fait partie de ces plantes que je retrouve aussi bien dans les haies de Gascogne que dans les carnets de mes hôtes en cure de tisanes. Ses bienfaits sont documentés depuis environ 5 000 ans avant J.-C., ce qui en fait l’une des plus anciennes plantes médicinales d’Europe.
On utilise trois parties bien distinctes : les fleurs, blanches et parfumées, cueillies au printemps ; les baies, sombres et gorgées d’antioxydants à l’automne ; l’écorce interne, plus rare, réservée à un usage traditionnel encadré. Chacune a ses propres composés actifs, anthocyanes pour les baies, flavonoïdes pour les fleurs, et une bonne dose de vitamine C.
Chez nous, en Gascogne, on ne fait pas les choses à moitié : je sépare toujours l’usage des fleurs de celui des baies, car les confondre revient à mélanger deux remèdes différents sous prétexte qu’ils poussent sur le même arbuste.

Le sureau n’est qu’une des nombreuses plantes de saison dont on peut explorer les usages et les précautions : pour aller plus loin, on trouve des repères simples pour bien manger au quotidien sans se compliquer la vie.
Les bienfaits des fleurs de sureau
La fleur de sureau est la partie la plus douce de la plante. Son action anti-inflammatoire apaise les muqueuses irritées lors du rhume des foins ou des allergies saisonnières, un usage que je recommande souvent en avril à mes hôtes sujets aux pollens.
Elle a aussi un effet sudorifique : elle favorise la transpiration, ce qui aide le corps à faire baisser une fièvre légère lors d’un épisode grippal. C’est un mécanisme simple, mais il demande d’y penser en amont, dès les premiers frissons plutôt qu’au pic de la fièvre.
La forme classique reste l’infusion de fleurs séchées, à laisser infuser 10 minutes, deux à trois fois par jour en période de rhume.
Les bienfaits des baies de sureau
Les baies de sureau mûres, cuites, sont riches en antioxydants et affichent 32,5 mg de vitamine C pour 100 g, soit près de 30 % des apports journaliers recommandés. Elles apportent aussi 1,25 mg de fer et 42,7 mg de calcium pour 100 g, des chiffres honnêtes pour un simple fruit sauvage.
Plusieurs études s’intéressent à leur effet sur les symptômes grippaux. L’une d’elles, portant sur un extrait de baies pris à raison de 15 mL quatre fois par jour, évoque une réduction d’environ quatre jours de la durée des symptômes par rapport à un placebo. Une autre étude relayée dans le Journal of International Medical Research mentionne 90 % de patients guéris en deux à trois jours sous sirop de sureau, contre six jours sans traitement.
Ce que j’ai retenu de mes années en hôtellerie, c’est qu’il faut toujours nuancer un chiffre séduisant : ces essais portent sur des échantillons restreints, et aucune étude à grande échelle ne vient encore confirmer ces résultats. Le sureau accompagne un rhume, il ne remplace pas un avis médical.
Pour ma part, je conseille le sirop maison de baies cuites, jamais crues, en cure de quelques jours dès les premiers symptômes.
Les bienfaits de l’écorce et des autres parties de la plante
L’écorce interne du sureau a un usage plus ancien et moins documenté. La tradition populaire lui prête des propriétés diurétiques et légèrement laxatives, utilisées autrefois contre les douleurs articulaires et les rhumatismes.
C’est la partie de la plante que je manie avec le plus de prudence. Les données scientifiques manquent, et son usage doit rester ponctuel, idéalement sous conseil d’un professionnel formé à la phytothérapie.
Comment consommer le sureau (formes et préparations)
Le choix de la forme dépend directement de la partie utilisée et de l’effet recherché. J’ai testé, j’ai gardé ces trois façons de faire, qui reviennent chaque saison dans ma cuisine :
- Tisane de fleurs séchées : 1 cuillère à café pour une tasse, infusion de 10 minutes, contre rhume et allergies légères
- Sirop ou confiture de baies cuites : baies toujours cuites au moins 20 minutes, jamais crues, pour un apport en vitamine C et antioxydants
- Compléments alimentaires standardisés : extrait de baies concentré, utile en cure courte lors des pics épidémiques, à dose indiquée par le fabricant
Pour visualiser l’usage concret des fleurs, cette vidéo de Christophe Bernard (Althea Provence) détaille les préparations les plus fiables.
Précautions, toxicité et contre-indications
C’est le point que je répète le plus souvent à mes hôtes curieux de cueillir eux-mêmes leur sureau : les baies crues, les feuilles et les tiges contiennent de la sambunigrine, un composé cyanogénique. Les feuilles en concentrent entre 3 et 17 mg de cyanure pour 100 g de poids frais, contre moins de 3 mg pour les fruits mûrs et cuits.
Ce risque reste toutefois limité en pratique : le sureau ne représente que 0,6 % des appels reçus par les centres antipoison. Une cuisson correcte des baies élimine le danger.
La règle est simple : jamais de baies crues, jamais de feuilles ni de tiges en préparation, toujours une cuisson d’au moins 20 minutes.
Les femmes enceintes ou allaitantes, les jeunes enfants et les personnes sous traitement pour le diabète, la tension ou l’immunité doivent demander un avis médical avant toute cure. Le sureau peut interagir avec les hypoglycémiants, les hypotenseurs et certains immunosuppresseurs.
Sureau et perte de poids ou digestion
L’effet diurétique du sureau, souvent évoqué dans les ouvrages de phytothérapie, favorise l’élimination de l’eau plutôt que la perte de masse grasse. C’est une nuance que j’aime rappeler : on ne maigrit pas grâce au sureau, on se sent simplement moins gonflé après quelques jours de tisane.
Les baies apportent en revanche 6,5 g de fibres pour 100 g, ce qui soutient un transit régulier lorsqu’elles sont intégrées à l’alimentation sous forme de compote ou de confiture.
Aucune étude sérieuse ne valide un effet amincissant direct du sureau. C’est la bonne adresse que je recommande à tous mes hôtes en quête de légèreté : une alimentation équilibrée d’abord, le sureau en complément gourmand ensuite, pour profiter de ses bienfaits sans attente déraisonnable.



