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Points clés à retenir
- 250 g de farine et 125 g de beurre pour la pâte de base
- Repos au frais de 30 minutes à 3 heures avant l’étalage
- Cuisson à 180 °C pendant 8 à 15 minutes selon l’épaisseur
- Conservation en boîte métallique hermétique, à l’abri de l’humidité
L’histoire des bredele alsaciens de grand-mère
Le mot bredele vient de l’alsacien et désigne ces petits gâteaux qui envahissent les cuisines dès la fin novembre. Chez nous, en Gascogne, on n’a pas cette tradition ancrée depuis l’enfance, mais j’ai appris à aimer cette recette bredele grand-mère en recevant des hôtes venus tout droit de Strasbourg, une boîte en fer sous le bras.
Dans les familles alsaciennes, les bredele occupent une place à part. On ne les achète pas, on les fabrique ensemble, souvent sur plusieurs générations réunies autour de la même table. Les enfants découpent, les grands-mères surveillent la cuisson, et chacun repart avec sa boîte à offrir.
Ce qui m’a marquée, dans mes années d’hôtellerie, c’est la constance de ces recettes. Elles se transmettent presque sans écart, à la cuillère et au geste plutôt qu’à la balance de précision. C’est le détail qui change tout : une pâte travaillée du bout des doigts, jamais malaxée à outrance.

Les ingrédients de la recette traditionnelle
La base ne varie guère d’une maison à l’autre : 250 g de farine et 125 g de beurre forment le socle de cette pâte à bredele. On y ajoute 100 à 125 g de sucre selon le goût recherché, plus doux ou plus franc, et 1 œuf entier qui lie l’ensemble et facilite le façonnage.
La cannelle, la vanille et une pincée de sel complètent la liste. Certaines grand-mères ajoutent un zeste de citron ou quelques amandes en poudre, mais je conseille de rester sobre pour une première fournée : on complexifie ensuite, une fois le geste acquis.
Sur le choix du corps gras, j’ai testé, j’ai gardé le beurre doux pour la finesse du goût. Le beurre demi-sel apporte un petit relief intéressant sur les bredele nature, tandis que la margarine, si elle dépanne, donne une texture moins fondante en bouche.
Comment préparer la pâte à bredele
On commence toujours par travailler le beurre ramolli avec le sucre, jusqu’à obtenir un mélange crémeux et homogène. C’est une étape que je trouve presque méditative, à la main ou au fouet électrique, sans jamais forcer.
On incorpore ensuite l’œuf, puis la farine tamisée avec la cannelle, la vanille et le sel. La pâte se forme rapidement. Chez nous, en Gascogne, on ne fait pas les choses à moitié, mais ici la règle inverse s’applique : moins on pétrit, plus les bredele restent tendres sous la croûte dorée.
Une fois la pâte homogène, direction le réfrigérateur pour un repos d’au moins 30 minutes, et idéalement 1 à 3 heures selon les recettes familiales. Ce temps froid raffermit le beurre et rend la découpe nette, sans coller aux emporte-pièces.
Découper et façonner les biscuits comme autrefois
La pâte s’étale sur 3 à 4 mm d’épaisseur, ni plus fine, ni plus épaisse. C’est ce que ce que j’ai retenu de mes années en hôtellerie : la régularité d’un geste compte plus que sa vitesse, et c’est exactement le cas ici pour une cuisson homogène.
Les emporte-pièces traditionnels de Noël, étoiles, sapins, cœurs, donnent aux bredele leur identité visuelle. On les dépose ensuite sur la plaque, espacés régulièrement, car la pâte gonfle légèrement à la cuisson.
Une dorure au jaune d’œuf mélangé à un peu de lait, passée délicatement au pinceau, donne cette couleur ambrée qui fait tout le charme des bredele sortis du four. C’est le genre de petit rituel que je recommande à tous mes hôtes quand ils veulent une pâtisserie qui a l’air d’avoir vécu.
Pour visualiser le façonnage traditionnel des biscuits alsaciens, cette vidéo d’Un jour Une recette détaille les gestes de découpe et de dorure des butterbredele.
Cuisson des bredele : température et durée
Le four se préchauffe à 180 °C, thermostat 6, chaleur tournante de préférence pour une cuisson uniforme sur toute la plaque. C’est une température que je retrouve dans presque toutes les recettes familiales que j’ai croisées.
Le temps de cuisson dépend directement de l’épaisseur des biscuits. Pour des bredele fins, 8 à 10 minutes suffisent généralement. Pour des formes plus épaisses ou une pâte à la cannelle, il faut parfois compter jusqu’à 15 minutes.
On reconnaît une cuisson réussie à la couleur des bords, légèrement dorés, presque blonds au centre. On n’a qu’une chance de faire une première impression, et un bredele trop cuit perd tout son fondant. Je surveille toujours la dernière minute, four entrouvert si besoin.
Une fois sortis, les bredele restent fragiles. Il faut les laisser refroidir directement sur la plaque quelques minutes avant de les déplacer sur une grille, sous peine de les briser.
| Épaisseur de la pâte | Température | Temps de cuisson |
|---|---|---|
| 3 mm | 180 °C | 8 minutes |
| 4 mm | 180 °C | 10 minutes |
| Pâte à la cannelle, plus épaisse | 180 °C | Jusqu’à 15 minutes |
Les astuces de grand-mère pour des bredele réussis
Le premier piège, c’est une pâte trop travaillée ou trop chaude. Le beurre fond, la pâte colle, et les bredele perdent leur netteté à la cuisson. Si cela arrive, on la replace simplement au frais dix minutes.
On farine légèrement le plan de travail et le rouleau, jamais en excès, pour éviter d’assécher la pâte. C’est un geste simple, mais ça demande d’y penser à chaque nouvelle abaisse, surtout après plusieurs découpes successives.
Une pâte qui devient collante en cours de façonnage n’est pas ratée : elle a juste besoin de retourner quelques minutes au réfrigérateur avant de continuer.
Sur la levure chimique, les avis divergent selon les familles. Certaines recettes traditionnelles s’en passent complètement, misant sur le beurre et le repos au froid pour la texture. C’est d’ailleurs la version que je recommande à tous mes hôtes quand ils veulent une recette la plus proche de l’originale.
Conservation et variantes des bredele maison
Les bredele se conservent dans une boîte métallique hermétique, à l’abri de l’humidité. Selon les sources, on compte 1 à 2 semaines pour garder tout leur croquant, et jusqu’à 2 mois si la boîte reste bien fermée et stockée au sec.
Le réfrigérateur est à éviter : l’humidité y ramollit les biscuits en quelques heures. Je garde toujours mes boîtes de gâteaux secs dans un placard frais, jamais près d’une source de chaleur ni d’un appareil électroménager.
À partir de cette même pâte, on peut varier les plaisirs : amandes ou noisettes concassées incorporées à la pâte, cannelle renforcée pour une version plus épicée, ou une pointe de confiture au centre avant cuisson pour une variante fourrée. C’est la bonne adresse que je recommande à tous mes hôtes en fin de séjour : repartir avec une petite boîte de bredele maison, comme un souvenir qui se mange.



