Le matar pulao : ma recette du riz aux petits pois à l’indienne

Matar pulao servi dans un plat en céramique, riz basmati aux petits pois et épices entières

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Points clés à retenir

  • Ratio de cuisson : 1,5 volume d’eau pour 1 volume de riz basmati
  • Trempage du riz 20 à 30 minutes avant cuisson
  • Repos de 10 à 15 minutes hors du feu pour des grains détachés
  • Autocuiseur : 1 à 2 sifflements suffisent, soit 6-7 minutes
  • Se conserve 3 à 5 jours au frigo, jusqu’à 3 mois au congélateur

Qu’est-ce que le matar pulao

Le matar pulao associe deux mots simples : « matar », le petit pois en hindi et en pendjabi, et « pulao », ce riz pilaf cuit dans son propre bouillon. La racine du plat vient du Pendjab, région à cheval sur l’Inde et le Pakistan, où le riz basmati pousse en abondance et où les petits pois frais rythment les repas d’hiver.

Chez nous, en Gascogne, on ne fait pas les choses à moitié quand on reçoit, et j’ai longtemps cherché un plat végétarien capable de tenir une table entière sans viande. Le matar pulao a cette qualité rare : il nourrit, il rassasie, et il se prépare en une seule casserole.

On confond souvent le pulao avec le biryani, alors que leurs méthodes de cuisson n’ont rien à voir. Le pulao cuit en one-pot par absorption : riz, eau et petits pois cuisent ensemble jusqu’à ce que le liquide disparaisse entièrement. Le biryani, lui, procède par couches de riz et de garniture cuites séparément puis assemblées et terminées à la vapeur, la fameuse technique du dum. C’est cette différence de geste, pas de simple degré de complexité, qui sépare les deux plats.

Ingrédients essentiels pour un matar pulao réussi

Pour 4 personnes, je compte 400 g de riz basmati long grain et 150 g de petits pois. Le riz basmati doit être de bonne qualité : ses grains longs et fins se détachent proprement à la cuisson, contrairement à un riz rond qui collerait.

Côté petits pois, la texture change selon la saison. Les petits pois frais apportent un croquant délicat et un goût sucré, mais leur saison est courte. Les surgelés sont ma solution du quotidien : ils gardent une bonne tenue et ne nécessitent aucun épluchage. Les petits pois en boîte, en revanche, ramollissent trop vite et je les évite pour ce plat précis.

Les épices entières sont non négociables : un bâton de cannelle, deux à trois gousses de cardamome verte, trois clous de girofle, une cuillère à café de graines de cumin et une feuille de laurier. Ce sont elles qui parfument le riz pendant l’absorption, pas une poudre ajoutée après coup.

Pour enrichir le plat, j’ajoute parfois des noix de cajou légèrement grillées, quelques feuilles de menthe fraîche et une pâte de gingembre-ail. Le détail qui change tout : faire revenir le gingembre-ail juste avant l’oignon, pour qu’il libère son parfum sans brûler.

Recette étape par étape du matar pulao traditionnel

On commence par laver le riz à l’eau froide jusqu’à ce qu’elle devienne claire, puis on le laisse tremper 20 à 30 minutes. Ce trempage allonge les grains et évite qu’ils cassent à la cuisson.

Dans une casserole à fond épais, on fait chauffer un peu de ghee ou d’huile neutre et on y jette les épices entières. Dès qu’elles grésillent et embaument, on ajoute l’oignon émincé et on le laisse dorer franchement, une dizaine de minutes à feu moyen. Ce doré, ce n’est pas une option : c’est lui qui donne sa couleur et sa profondeur au plat.

On incorpore ensuite le riz égoutté et les petits pois, on mouille avec 1,5 volume d’eau pour 1 volume de riz, on sale, et on porte à ébullition avant de couvrir et de baisser le feu. La cuisson dure 10 à 15 minutes à feu doux, le temps que l’eau soit intégralement absorbée.

Une fois le feu éteint, on laisse reposer 10 à 15 minutes sans soulever le couvercle. C’est ce repos qui détache les grains les uns des autres. Ce que j’ai retenu de mes années en hôtellerie, c’est que la patience à ce stade fait toute la différence entre un riz qui s’effondre et un riz qui se tient.

Cuisson à la casserole, à l’autocuiseur ou à l’Instant Pot

La méthode classique à la casserole utilise la technique du dum : un linge propre glissé sous le couvercle pendant la phase vapeur, pour emprisonner l’humidité et parfaire la cuisson sans excès d’eau. C’est la méthode que je recommande pour un premier essai, car elle laisse le contrôle visuel du riz.

Pour visualiser cette méthode traditionnelle, cette vidéo de BaBa Food RRC détaille chaque étape de la préparation du matar pulao à la casserole.

À l’autocuiseur, le temps se réduit considérablement : 1 à 2 sifflements, soit environ 6 à 7 minutes à feu moyen-vif, suffisent. C’est la version que je conseille aux hôtes pressés du matin, quand il faut boucler un repas complet avant midi.

L’Instant Pot ou le multicuiseur électrique fonctionne sur un principe proche : on fait revenir les épices et l’oignon en mode sauté, on ajoute riz, eau et petits pois, puis on lance un cycle riz standard avant de laisser une relâche de pression naturelle de quelques minutes. J’ai testé, j’ai gardé cette version pour les grandes tablées, car elle libère la casserole pour le reste du repas.

Astuces pour un riz basmati parfait et non collant

Le premier geste, et le plus négligé, consiste à bien rincer le riz jusqu’à ce que l’eau de rinçage devienne transparente. C’est l’amidon de surface qui, mal éliminé, rend le riz collant et pâteux à la cuisson.

Le ratio eau/riz mérite d’être respecté au verre près : trop d’eau et le riz devient bouillie, pas assez et il reste dur au centre. Le 1,5 volume pour 1 reste la référence la plus fiable pour du basmati.

Ne jamais soulever le couvercle pendant la phase vapeur. Chaque ouverture laisse échapper la chaleur nécessaire à une cuisson homogène, et le riz du dessus finit toujours moins cuit que celui du fond.

On n’a qu’une chance de faire une première impression avec un plat de riz posé sur la table : un grain cassé ou collé se voit immédiatement, même sans y goûter.

Avec quoi servir le matar pulao

Un raita au concombre, un yaourt nature simplement battu ou un chutney à la menthe apportent la fraîcheur acide qui équilibre le riz épicé. C’est la bonne adresse que je recommande à tous mes hôtes qui découvrent la cuisine indienne pour la première fois : commencer léger, avant de s’aventurer vers des plats plus relevés.

Pour un repas complet, j’associe le matar pulao à un curry de légumes ou un dal de lentilles, avec quelques papadums croustillants en accompagnement. La texture du papadum contraste agréablement avec le moelleux du riz.

Le plat se prête aussi à des variantes : ajout de poulet mariné et saisi avant d’être incorporé au riz, ou de pomme de terre et de carotte coupées en petits dés pour une version plus consistante. C’est simple, mais ça demande d’y penser au moment des courses, pour que les légumes cuisent dans le même temps que le riz.

Valeurs nutritionnelles et conservation du matar pulao

Une portion standard d’environ 245 g de matar pulao apporte 292 kcal selon la base FatSecret. Une version enrichie au ghee et aux épices entières, documentée par Tea for Turmeric, grimpe à 401 kcal, avec 66 g de glucides et 8 g de protéines par portion. La recette classique au basmati référencée par Dassana’s Veg Recipes se situe entre les deux, à 406 kcal, 60 g de glucides et 7 g de protéines.

Au réfrigérateur, le matar pulao se conserve 3 à 5 jours dans un contenant hermétique, selon J Cooking Odyssey et I Knead to Eat. Au-delà, la texture du riz se dégrade et le goût perd sa fraîcheur.

La congélation est possible jusqu’à 2 à 3 mois, avec une perte progressive de saveur au fil des semaines. Pour réchauffer sans dessécher le riz, j’ajoute toujours une cuillère d’eau avant de couvrir, que ce soit à la casserole ou au micro-ondes : la vapeur redonne au grain le moelleux qu’il avait à la sortie de la cuisson.

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